© Thomas Léonard
© Thomas Léonard

Concours Reine Elisabeth de violoncelle

Salle presque comble pour la 1ère épreuve… Quel plaisir de retrouver cette 3ème édition du Concours Reine Elisabeth, consacrée au violoncelle !

C’est le lundi 4 mai, à Flagey, en présence de la Reine Mathilde et devant une foule de mélomanes, qu’a débuté la 1ère épreuve du concours. 

Les 64 candidats sélectionnés devaient interpréter une sonate de Luigi Boccherini (1743-1805), accompagnée au violoncelle, Lullaby, pour violoncelle seul, de la compositrice finlandaise Kaija Saariabo (1952-2023). Quant à l’oeuvre accompagnée au piano, ils avaient le choix entre Ballade opus 3 de Josef Suk (1873-1935), compositeur tchèque, gendre d’Antonin Dvoràk, Meditation du compositeur soviétique Nikolaï Roslavets (1881-1944) ou 3 pièces de Nadia Boulanger (1887-1979), compositrice parisienne, soeur de Lili Boulanger. 

Le choix de ces oeuvres imposées par le jury a pu donner à chacun, l’occasion de se défendre. 

C’est aux alentours de minuit que le Président du jury, Gilles Ledure, a proclamé, les noms des 24 demi-finalistes.

En demi-finale, nous pourrons apprécier les prestations de 18 hommes sur les 44 de la 1ère épreuve et 6 femmes sur 20.  Les 24 violoncellistes, âgés entre 19 et 29 ans retenus pour la demi-finale émergent de 16 pays.     L’Allemagne garde 5 violoncellistes sur les 10, les USA  3 sur 5, la Russie 2 sur 4; la Corée 1 sur 6;  l’Espagne et la Chine 1 sur 4, la France 2 sur 3, le Canada 1 sur 3, l’Autriche, la Pologne, les Pays-Bas et le Japon 1 sur 2.  Le concurrent issu d’Italie, de Suède, de Géorgie et d’Ouzbékistan reste encore en lice. L’Europe occidentale est donc prépondérante avec 12 violoncellistes, viennent ensuite 5 de l’Europe de l’Est, 4 d’Amérique et enfin 3 d’Asie. Bien entendu, tout est relatif, car le choix d’un jury dans un domaine artistique reste subjectif. Par ailleurs, il est à noter qu’il n’y a pas de délibération. 

Parmi les candidats qui ont le plus impressionné par leurs interprétations attachantes et personnelles, on relèvera entre autres:

Dilshod Narzillaev (28 ans) d’Ouzbekistan. C’ est un artiste inspiré qui paraît transfiguré par la musique. Dans la Sonate Boccherini, il nous livre, de toute son âme, un récit imaginé. Il a le sens de la dynamique et possède une technique flamboyante. 

Lullaby le transporte dans un univers sombre et inquiétant et il en donne une superbe exécution. 

Quelle profondeur de sentiments et quel lyrisme exacerbé dans Meditation de Nikolaï Roslavets. 

La coréenne Tac-yeon Kim (20 ans) nous propose, dans Lullaby, un récit bien structuré, empreint de sa personnalité. Elle passe par tous les états d’âme, avec une grande musicalité et des sonorités d’un au-delà qui s’éteignent tout en finesse.

Dans la Ballade de Suk, elle crée un climat douloureux et lancinant en déployant un crescendo de nuances et de plaintes. Quel beau phrasé chez cette artiste sensible ! Et elle salue, la main sur le coeur…

Dans la Sonate de Boccherini, elle prend plaisir à nous livrer un récit avec une parfaite dynamique et des sonorités de qualité.

L’Américain Roric Cunningham (25 ans) installe un climat de douleur dans la Ballade de Suk. Les sonorités sont moelleuses. Il déploie  son récit intérieur avec une grande musicalité, de l’intensité et des sons plaintifs.  Quel beau thème joué en demi-teinte !

Dans la Sonate de Boccherini, le jeu est très affirmé. C’est avec toute son âme qu’il nous régale d’une panoplie de nuances, de fins de phrases tout en finesse et de superbes rubatos. Il déploie énergie et dynamique dans l’allegro final.

Krzysztof Michalski (23 ans) de Pologne crée une atmosphère dans Lullaby et la musique résonne en lui. Il nous livre un récit avec sincérité. 

Dans la Sonate de Boccherini, les grands coups d’archet sont bien menés et il nous ravit par de belles demi-teintes. Dans le larghetto, musicalité, beau phrasé, legato parfait, poésie nous émeuvent.

Dans l’Allegro, il déploie, avec énergie, une brillante technique.

L’Allemand Michael Wehrmeyer (23 ans) fait chanter son cello dans la Ballade de Suk avec un superbe phrasé, de belles progressions et un lyrisme exacerbé. Il vit l’oeuvre à travers un récit puissant et dramatique sorti de son imagination. 

La Sonate de Boccherini s’affirme dès la 1ère phrase, en déployant une palette de couleurs et un sens de la dynamique. Dans l’Andante affettuoso, il nous livre une richesse de sonorités et un joli phrasé. Dans Lullaby, il passe par toutes les émotions, de la douceur à l’agitation.

L’Allemand  Arne Jesper Zeller (19 ans) interprète les 3 pièces de Nadia Boulanger avec une sensibilité inégalable, un parfait legato et une recherche de sonorités variées et de grande qualité. Il est habité par le récit qu’il a imaginé et par la musique de N. Boulanger. Dans la 3ème pièce, la technique est brillante et il prend plaisir à se déchaîner. Il a trouvé une belle palette de couleurs dans Lullaby et il en ressent toutes les émotions. C’est en artiste complet qui joue la Sonate de Boccherini. Il en possède la technique et le style adéquats. Le phrasé, ponctué par des rubatos bien amenés, est parfait. Sa technique accomplie lui permet d’interpréter l’Allegro final dans le maximum du tempo. C’est un artiste qui montre beaucoup de plaisir à nous jouer la musique qui traverse tout son être. 

Le Russe Ivan Sendetsky (29 ans) nous livre, dans la Ballade de Suk un récit bouleversant et imagé. Quelle sensibilité dans les panissimos et quelle maturité ! La Sonate de Boccherini se déroule avec maîtrise, un sens des respirations, de la dynamique et de beaux contrastes de sonorités et de couleurs.

Rendez-vous donc, du lundi 11 au samedi 16 mai, à 15 et 20h au Studio 4 de Flagey. 

Foto van Antonyne Lecocq-Vandermaesbrugge  

Antonyne Lecocq-Vandermaesbrugge  

Meer van deze auteur

News
Antonyne Lecocq-Vandermaesbrugge  

Statistiques et informations avant la 3ème édition

C’est en 2017, que cette discipline avait été ajoutée au concours. Cette année est spéciale. Elle coïncide, en effet, avec le 150ème anniversaire de la reine Élisabeth et du violoncelliste

Reviews
Antonyne Lecocq-Vandermaesbrugge  

Grand Prix décerné au Néerlandais Nikola Meeuwsen

Grand Prix décerné au Néerlandais Nikola Meeuwsen (23 ans) Le Belge Valère Burnon (25 ans) remporte le 3ème Prix et le Prix du public Le  palmarès des 6 prix est  exclusivement

nl_NLDutch