L’histoire de la genèse des 24 Préludes et fugues de Chostakovitch est bien connue des admirateurs de l’artiste mais mérite d’être rappelée. En effet, le compositeur -par ailleurs pianiste de talent (il participa au premier Concours Chopin en 1927 où, finaliste, il n’obtint qu’un diplôme d’honneur), même s’il renonça assez tôt à se produit dans d’autres pauvres que les siennes- fut invité à faire partie du jury du Concours Bach qui se tenait à Leipzig en 1950 à l’occasion du deux-centième anniversaire de la mort du Cantor. Fortement impressionné par les interprétations de la musique de Bach par la jeune Tatiana Nikolayeva qui allait remporter le concours, Chostakovitch conçut l’idée d’un cycle complet de Préludes et Fugues dans toutes les tonalités majeures et mineures, comme l’avait fait en son temps J.S. Bach dans ses deux livres du Clavier bien tempéré. Notons qu’il ne s’agit pas ici d’un cycle au sens strict du terme, mais bien d’une série d’œuvres ne partageant pas d’idées communes. Pour être tout à fait complet, il convient de mentionner que certaines pièces avaient déjà vu le jour avant le séjour à Leipzig du compositeur.

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