La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous offre un couplage sortant résolument des sentiers battus, réunissant des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre de deux compositeurs que tout différencie sur le plan stylistique, mais dont les biographies partagent un tragique point commun. En effet, ces deux créateurs juifs durent fuir la folie nazie. Si l’exil fut relativement confortable pour Korngold — enfant prodige devenu célèbre, il quitta l’Autriche dès 1934 pour Hollywood où il entama une brillante carrière cinématographique —, celui de Weinberg fut autrement dramatique. À peine son diplôme de piano obtenu au Conservatoire de Varsovie, il dut fuir vers l’URSS, poursuivant ses études à Minsk avant de se réfugier à Tachkent en 1941. Chostakovitch, qui l’apprécia dès cette époque et dont il devint le protégé, facilita son installation à Moscou. Cependant, la vague antisémite de 1953 lui valut d’être incarcéré durant trois mois à la sinistre prison de la Loubianka, dont il ne sortit que grâce à l’intervention de son mentor et – surtout – au décès de Staline.

Concerts
Berlioz et Mahler subtils à Bozar par le BNO, Michael Schønwandt et Véronique Gens
Associer au même programme Berlioz et Mahler, des compositeurs réputés – voire craints – pour leur sens de la démesure et du gigantisme orchestral, est loin d’être une mauvaise idée :

