Ce double album, premier jalon d’une nouvelle intégrale de l’œuvre pianistique de Debussy, s’impose comme une heureuse surprise, presque une révélation. On y découvre en effet un Debussy que l’on entend rarement : dépouillé de ses voiles les plus épais, affranchi de ces nappes de résonances où, trop souvent, le discours se dissout. Habituellement enrubannée dans des basses charnues et des halos sonores qui brouillent les lignes, la musique pour piano de Claude de France se perd fréquemment dans les brumes – une vision qui se défend, mais n’a pas que des avantages. Sous les doigts d’Élodie Vignon, elle se déploie au grand jour : les strates s’illuminent, les lignes se précisent, les paysages enneigés scintillent.

Interview
Elodie Vignon : « Le royaume de Debussy est aussi le mien »
À l’occasion de la publication, par ailleurs, de notre chronique consacrée au premier volume de l’intégrale qu’elle dédie, chez Cypres, à l’œuvre pianistique de Claude Debussy, Élodie Vignon a eu la gentillesse

